13 mars 2019, 13:12 -

Celui qui voudra lui prendre son trône devra s’asseoir sur ses genoux.

Il existe beaucoup d’évidences dans ce monde : l’eau mouille, le feu brûle, la neige est froide, le RER A est toujours en retard, mais surtout, que Cristiano Ronaldo est le plus grand joueur de l’histoire de la Ligue des Champions.

Comme lorsqu’on associe Daniel Radcliffe à Harry Potter, Tom Hanks à Forest Gump ou Sylvester Stallone à Rocky,  il est impossible de dissocier l’histoire de la C1 à l’un de ses personnages principaux : Cristiano Ronaldo dos Santos Aveiro.

Chambré par les supporters madrilènes après la défaite de la Juve au match aller (0-2), le natif de Madère leur avait répondu par une belle punchline en zone mixte : « J’ai gagné cinq Ligues des Champions, l’Atlético zéro. » avant de conclure par un insolent « Nous verrons bien qui va se qualifier ».

On n’avait pas vu un trash-talk aussi réussi depuis celui de Trunks face à Freezer. Et à défaut de découper Diego Simeone, le Portugais l’a criblé de trois balles mortelles qui laisserait même Shenron bouche bée. CR7 s’est une nouvelle fois essuyé les pieds sur les Colchonneros et les sept boules de cristal ne pourront absolument rien y faire.

« Shenron, ramène moi ma dignité »

Et pour la petite anecdote, Cristiano Ronaldo a marqué plus de buts en Ligue des Champions (124) que l’Atlético Madrid (118). Depuis la création de la coupe aux grandes oreilles, en 1922, seuls 22 clubs ont inscrit plus de buts que lui dans la compétition.

Son insolente efficacité en deviendrait presque agaçante. Même lorsqu’il est au sol, Ronaldo parvient toujours à se relever et marcher sur ses adversaires. Capable du meilleur comme du pire, c’est souvent dans le pire qu’il devient le meilleur. Comme si la peur d’échouer doublait ses capacités de réussir. 

Cristiano qui montre la taille de ses couilles.

Même lorsqu’il semble invisible dans la rencontre, la star de la Juve trouve toujours le moyen de finir le match avec un doublé ou triplé à son compteur. Cristiano, c’est un peu ce lycéen qui se pointe seulement un mois pendant son année de terminale et qui finit avec une mention « Bien » au BAC. Pendant que d’autres bossent dur pendant toute l’année pour obtenir un modique 10,5. La vie est parfois tellement cruelle…

On se demande même si à 60 ans, il ne continuera pas de voler la plus bonne de nos copines et d’humilier nos joueurs préférés. On dit souvent que les meilleurs partent toujours en premier. Du coup, pourquoi est-il encore là ? L’exception à la règle.

Malgré son âge, le Portugais mange toujours à la table des tout meilleurs joueurs du monde, en tête-à-tête avec un certain Leo Messi. Ce n’est pas qu’ils n’aiment pas se mélanger, mais disons simplement que les rois ne mangent pas avec leurs valets. Messi, Ronaldo, Ronaldo, Messi… au fond, on s’en fiche. Chacun ses préférences.

Les deux joueurs sont tellement différents qu’il est grotesque d’en permanence chercher à les comparer. Deux salles, deux ambiances. L’efficacité du kuduro portugais contre la folie du tango argentin. Ma prof de français du lycée disait toujours que les styles artistiques ne se comparent pas : ils s’apprécient chacun à leur façon. 

Deux salles, deux ambiances, mais une même passion.

La seule chose dont on est persuadé, c’est qu’un jour, ils partiront. Et là, le monde du football pleurera. Je pleurerai. Ronaldo et Messi sont un peu comme des membres de ma famille qui approchent des 80 ans. Au fond, on sait qu’ils vont bientôt partir mais on n’arrive pas à s’y résoudre car on aimerait qu’ils soient éternels. Et quand leur heure sonnera, personne ne pourra les sauver.

Comme lorsqu’un enfant apprend que le père Noël n’existe pas, la magie s’arrêtera et rien ne sera plus jamais comme avant. Il faut donc continuer de prendre ce qu’on a à prendre d’eux : du rêve. La vie est moche mais le football arrive parfois à lui donner du charme.

Comme pour Harrison Ford dans Star Wars, on sait qu’il sera un jour temps de faire mourir le personnage « CR7 ». Si il arrive à se faufiler entre les défenseurs, il ne peut malheureusement pas échapper au temps. C’est inévitable : le quintuple Ballon d’Or vit ses toutes dernières années en tant que footballeur et personne n’est encore prêt à lui dire au revoir.

En attendant, continuons de profiter de ce monstre qu’est Cristiano Ronaldo, tant qu’il est encore là pour embellir nos mardis et mercredis soirs. Car les plus belles flammes ne s’éteignent jamais.