29 mars 2019, 10:01 -

Le rookie du 93 transforme l’essai

Profitons une dernière fois de pouvoir appeler Diddi Trix un rookie, puisque c’est un statut qui prend fin pour lui dès aujourd’hui, le jour de la sortie de son premier projet Trix City. Fraîchement débarqué de Bondy, le rappeur a brusqué un trap game francophone déjà bouillonnant de jeunes talents inspirés en seulement deux freestyles, avant d’enchaîner directement avec un premier projet pour verrouiller le tir. « J’rallume un pétou, j’crois qu’il va me chétou » ou « J’roouule encore un bédo« , autant de phases qu’on n’a besoin d’entendre qu’une fois pour qu’elles rentrent dans nos crânes sans jamais en ressortir. Un aplomb à la fois choquant et vraiment drôle, une voix douce parce que malicieuse et reconnaissable au premier abord, sur des productions violentes et dévastatrices, c’est à peu près la proposition de Diddi Trix à travers ses premiers morceaux.

Qu’attendre alors de ce Trix City ? La même chose sur 13 morceaux ? Absolument pas. Les morceaux Malabar et Pétou ne sont d’ailleurs pas présents sur le projet, qui comporte toutefois des bangers d’une puissance qui n’a rien à leur envier. Et en terme d’univers sonore, le rappeur a bien camouflé son jeu pendant la promo. En réalité, Diddi est capable d’aller sérieusement sur des terrains bien plus vastes que ce qu’on a entendu de lui parfois, sans perdre pied une seule seconde ni dans une ambiance carrément cloud ni une plus traditionnelle et rétro. Le jeune bondynois fait preuve d’une amplitude musicale inattendue et franchement bienvenue. Solide sur ses appuis, Diddi nous présente un premier projet réussi et cohérent, sur lequel les seuls invités sont les membres de sa clique, les Dope Boyz : pour le reste, Diddi et son flow inimitable sont les seuls maîtres à bord de Trix City, pour le meilleur… et uniquement !

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