12 avril 2018, 11:20 -

Pour sa deuxième saison consécutive avec Manchester City, Pep Guardiola rend de nouveau une pâle copie en Ligue des Champions. Son trône de meilleur entraîneur du monde pourrait rapidement commencer à lui échapper.

 

« Cette année, c’est la bonne pour City ». Une phrase que vous avez souvent dû entendre lors des discussions foot en bas de votre bâtiment. Et bien la réponse est non. Toujours pas. Les gros chèques s’accumulent mais la situation ne semble pas évoluer. 7 ans après sa dernière victoire en C1 (avec le FC Barcelone), Pep Guardiola ne sentira pas le doux parfum de ce succès cette saison. Une nouvelle fois. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir dépensé. L’argent n’achète pas le temps et encore moins une Ligue des Champions.

 

 

Money, money, money

 

Lors de son arrivée chez les Citizens, le technicien espagnol avait souhaité avoir de gros renforts dans le secteur défensif. Il a immédiatement été écouté par sa direction et a même reçu carte blanche pour recruter (avec un important chéquier). Avec Stones, Walker, Danilo, Mendy et plus récemment Laporte, c’est plus de 300M d’€ investis dans des défenseurs depuis 2015.

 

 

En Janvier dernier, « Pep » expliquait en conférence de presse que d’importants investissements sur le marché des transferts étaient indispensables pour être une équipe concurrentielle :

« Certains clubs dépensent 300, 400 millions d’euros pour deux joueurs. Nous avons dépensé 300 millions pour six joueurs. L’été dernier, nous avions six ou sept joueurs sous contrat de plus de 30 ans. Il fallait changer et compenser le départ de quatre défenseurs. A ce stade, quand vous êtes Manchester City et que vous voulez concourir au plus haut
niveau, vous devez dépenser de l’argent. Un jour, ce club va peut-être dépenser jusqu’à 200 millions pour un joueur ».
De grands discours pour se faire laminer l’an dernier en C1 par un Monaco emmené par un gamin de 18 ans puis cette saison par le troisième de Premier League (qui mérite un énorme respect). Goliath a donc la fâcheuse tendance à se coucher devant David.

 

 

 

MC Guardiola

 

En plus de son échec, c’est également son attitude qui a agacé les foules. Hier, face aux Reds, l’ancien coach du Barça n’a pas cessé de se plaindre envers l’arbitre. Au point même de se faire envoyer en tribune pour la seconde période par M.Lahoz suite à une discussion trop virulente avec celui-ci lors de la mi-temps.

Après la rencontre, l’entraîneur de Manchester City en a profité pour envoyer quelques punchlines à son ami du soir :

« Cet arbitre est un mec bizarre, il aime faire le show. Il voit toujours l’inverse de tout le monde. J’ai dit à l’arbitre qu’il y avait but sur l’action de Sané, c’est pourquoi il m’a expulsé. »
Alors oui, son mécontentement envers la décision arbitrale concernant le but de Sané, injustement refusé, était valable. Mais est-ce vraiment le comportement qu’un entraîneur de sa classe doit avoir ? Sûrement pas.

 

 

Lors de ce nouveau fiasco européen, l’ancien élève de Johan Cruyff n’a jamais donné l’impression de rassurer. Comme si il s’était déjà résolu à la défaite.

 

 

Un trône en danger

 

Depuis qu’il a quitté la Catalogne, il y a 6 ans, Guardiola n’a jamais dépassé les demifinales de Ligue des Champions. Où est donc passé le Pep du Barça ? Celui qui était sans aucune contestation possible au bout de la table des meilleurs entraîneurs du monde ? En moins d’une semaine, Jürgen Klopp et son éternel rival José Mourinho lui ont montré que son statut de numéro 1 n’était plus aussi intouchable qu’avant.

 

 

Si son identité de jeu (possession de balle, jeu court) reste une référence dans le monde du football, ses décevantes prestations en Ligue des Champions depuis plusieurs saisons pourraient vite jouer en sa défaveur.

 

 

Heureusement pour Guardiola, le titre de champion d’Angleterre semble déjà assuré. De quoi lui donner la saison prochaine une nouvelle chance de remporter la coupe aux grandes oreilles. Avec un important chéquier à sa disposition pour le prochain mercato, bien entendu.

Pour offrir à Manchester City sa première Ligue des Champions et écrire son nom dans l’histoire du football.

 

 

Par Maxime Girot