27 janvier 2020, 19:12 -

 

20h54 heure française, ce dimanche 26 janvier 2020. D’un coup d’un seul, la planète NBA s’arrête de tourner. Les dribbles et les pas cessent. La balle orange vacille en un dernier tour au bout du doigt avant de s’effondrer. Les flash infos tombent, les chaînes sportives interrompent leur programme. La voix lourde et souvent embuée d’émotions des présentateurs sportifs l’annoncent : Kobe Bryant est mort.

 

Kobe avait 41 ans, hier, lorsqu’il décide de se rendre avec sa fille Gianni à un match organisé dans son académie. Une tradition entre une fille dévouée au basketball et son coach de père. Kobe, comme il le fait depuis ses débuts en NBA, monte dans son hélicoptère privé. Il n’atteindra malheureusement jamais sa “Mamba Academy”. Son hélicoptère s’effondrera dans les hauteurs de Calabasas en banlieue de Los Angeles. Tuant les 8 passagers ainsi que le pilote. A l’annonce de la nouvelle, c’est la planète entière qui s’effondre et rend hommage à un des plus grands basketteurs modernes.

 

Kobe Bryant – la réussite du 8 au 24

33 643 points en 48 637 minutes jouées. Une seule maison : le Staples Center. Une seule franchise : les Lakers. Une seule ville : Los Angeles. Et ça pendant 20 saisons complètes. C’est sûrement ça être un “OG “ selon les multiples rappeurs que Mamba a connu au fil des années. Rester fidèle coûte que coûte et représenter une ville qui l’a accueilli et a fait de lui une légende. Plus que fidèle, Kobe était surtout loyal envers une équipe où il est le joueur plus capé de l’histoire. 

 

Kobe en 20 ans de carrière, c’est quoi ? En quelques mots le drip brillant et clinquant de la réussite sportive. À sa main droite, Kobe enfile 5 bagues de champions NBA. Autour de son cou, Mamba arbore deux médailles olympiques, scintillantes d’un éclat doré. Pour les photos, l’Américain pose avec ses deux titres de MVP des Finals et son titre de MVP en saison régulière : les accessoires ultimes d’une tenue parée de succès.

 

Comprendre, le style Bryant sur le terrain pourrait prendre des heures. C’est Tex Winter, célèbre figure de l’attaque en triangle et ancien coach de la star, qui le résume sûrement le mieux : “Kobe comprend mieux le jeu qu’il ne le joue.

 

 

Black Mamba – le modèle déterminé 

Plus que la tactique ou la technique, Kobe a en effet compris une chose : le travail paye. Avec hargne et détermination comme principales qualités, Kobe va alors travailler jour après jour, match après match, dans la victoire comme dans la défaite. Tout ça pour une chose : réussir. Une haine de l’échec, vestige d’un passé où le jeune Bryant a vu son père échouer en tant que basketteur, faute de travail suffisant. Alors c’est décidé, dès ses 6 ans, Kobe en fera plus que les autres. Il ne sera plus bercé que par les claquements de la balle orange sur le sol, la mélodie des ficelles du panier et les bruits criards des sneakers sur le parquet lustré. En 20 ans, il montrera que l’on peut s’élever au niveau de Michael Jordan, que l’on peut gagner des titres avec ou sans Shaq, tout cela parce qu’il suffit d’en vouloir assez pour travailler sans cesse. 

 

4h15 du matin à Las Vegas. La team USA se prépare pour les Jeux Olympiques de 2012. À cette heure tardive, Kobe ne dort pas. Il est déjà sur le parquet avec le préparateur physique de l’équipe. Au bout de 2 heures d’exercices de conditionnement de musculation, ce dernier repart se coucher. L’équipe arrive ensuite à 11h dans la salle d’entraînement. Kobe, lui, est toujours là. Il n’est pas rentré se reposer, préférant “enchaîner 800 shoots”. C’est ça la “Mamba Mentality”. 

 

Un mode de vie autant qu’un credo qui impose à l’arrière de “ne pas abandonner, ne pas fuir et de subir avant de gagner.” Qu’importe de vivre, si ce n’est pour être la meilleure version de soi-même ? C’est comme ça que l’on pourrait le plus simplement définir Kobe Bryant. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, la planète pleure plus qu’un simple joueur de basket, elle pleure un homme exemplaire respecté pour sa mentalité, son travail et sa détermination.

 

Passionné. C’est indéniablement le mot qui colle le mieux à Kobe Bryant. Dans tout ce qu’il a pu entreprendre, en ces 41 années de vie, le Black Mamba a toujours été animé par la passion. Un carburant qui lui permettait d’alimenter son moteur à détermination, qui ne baissait jamais de régime, dans tout ce qu’il entreprenait. Comme en 2018, lorsqu’il se lance dans le cinéma en réalisant un émouvant court-métrage sur son amour du Basketball. Le bilan ? “Dear Basketball” sera récompensé aux Oscars dans la catégorie meilleur court-métrage d’animation. Et Kobe endossera à nouveau le rôle d’exemple en devenant le premier athlète et premier afro-américain à recevoir cette statuette dorée. Rien que ça.

 

Kobe – l’exemple déterminant

Être la meilleure version de soi-même. Voilà l’idéal imposé par Kobe en plus de 20 ans de carrière. Deux décennies passées sous la lumière qui inspireront de nombreux talents à sortir de l’ombre. Chacun pouvant s’identifier à la réussite du numéro 24. À commencer par sa fille ainée Gianni. Qui souhaitait plus que tout briller comme son père en WNBA et qui appliquait cette mentalité de serpent venimeux. Malheureusement, le destin a emporté ses rêves et ses convictions comme elle a tragiquement emporté sa vie et celle de son père dans ce tragique crash d’hélicoptère.

 

Des enfants ? Kobe en avait 3 autres : Bianka, Capri et Natalia. Toutes issues de son mariage avec son amour de lycée Vanessa. Mais à vrai dire Kobe a bien plus d’héritier et d’enfants que ça. C’était le père spirituel d’une nouvelle génération de basketteurs qui foulent aujourd’hui les parquets de sa NBA bien-aimée. C’était aussi le modèle de milliers de jeunes de Los Angeles et d’ailleurs, qui voyaient en cet athlète l’incarnation du rêve réalisé. La personnification même qu’à force de travail et de persévérance chacun peut atteindre son objectif ultime. Une fois au sommet, seule comparaison possible : Kobe Bryant.

 

Et ça les rappeurs l’ont bien compris. Lil Wayne le rappait déjà en 2009 dans “Kobe Bryant” : “Kobe doin’ work / 2-4 on my shirt /He the greatest on the court /And I’m the greatest on the verse“. Dans le hip-hop, tous s’identifient à ce monstre de travail couronné de succès, de Chief Keef avec son banger “Kobe” jusqu’à Kanye West qui rend hommage au numéro 24 dans son featuring “That Part” avec Schoolboy Q : “Walkin’, livin’ legend, man I feel like Kobe”. Même les Sevranais de 13 Block dans leur récent “Pente Noire”, ne peuvent s’empêcher de citer l’arrière des Los Angeles Lakers comme un modèle de réussite.

 

Ambassadeur ASSAS, fondation en Chine, Mamba Academy : Kobe construisait depuis longtemps son héritage. Un lègue focalisé sur l’avenir et sur la chance donnée à des talents de s’exprimer, d’évoluer et de réussir. Car donner l’envie n’est rien, si on ne donne pas les moyens. C’était ça aussi Kobe Bryant.

 

Ce lundi 27 janvier, la planète orange du basketball se réveille encore abasourdie. Une nuit courte pour la plupart des fans ou blanche pour certains. Chacun, ouvre les yeux et se rend compte que non, ce n’était pas un mauvais cauchemar. Kobe et sa fille Gianni nous ont bien quittés dans un terrible accident d’hélicoptère. Tout comme les 7 autres passagers de l’appareil. Une fin brusque, cruelle et inattendue. Alors pour exorciser, nous nous sommes sentis obligés de lui rendre ce dernier hommage. Nous qui avons trouvé un sens et une envie dans les combats d’un homme sur les terrains de NBA. Nous qui avons regardé les 81 points en un match du Black Mamba ou ces multiples actions clutchs. Nous qui nous sommes inspirés de sa détermination pour avancer dans nos vies. Nous souhaitions te rendre ce dernier hommage Kobe. Toi qui avais trouvé le temps de venir à Paris pour conseiller des jeunes, il y a 3 ans. Merci pour tout Kobe Bryant. 

Mamba Out.