7 mars 2019, 15:00 -

« Ça recommence on finira par s’y faire » 

Ce matin, les premières paroles de ma mère lorsque je me suis levé ont été « Tu as réussi à dormir ? ». Non, je vous rassure, personne n’est décédé dans ma famille. Dieu merci. Mais j’ai passé une nuit de merde. Une sacrée nuit de merde dans laquelle je n’ai pas cessé de cogiter. Paris m’a vidé, jusqu’à la dernière larme.

Pour la troisième année consécutive, mon club a échoué aux portes des huitièmes de finale de la Champion’s League. Oui, je rentre directement dans le vif du sujet. Pas le temps de niaiser, j’ai d’autres articles à gratter. Je me souviens de mes paroles, en 2015, envers mes potes qui me chambraient en m’appelant « quatre quarts ». Une petite référence aux quatre éliminations consécutives en quarts de finales du club que je supporte. Confiant, je leur répondais: « C’était la dernière fois qu’on se faisait éliminé en 1/4, vous allez voir ». J’avais à moitié raison. Paris n’a plus jamais senti l’odeur de ce stade de la compétition. Le reste n’est qu’une succession de déceptions.

Des larmes avec l’odeur de l’enfer

Après deux ans de séances de psy pour digérer la remontada de mars 2017, mon compte en banque commence à tourner de l’oeil. Pour ce pu*** de club, j’ai accepté beaucoup de choses. Me faire éliminer sur un but du genou de Demba Ba, ok. Voir mes rêves d’éliminer le Barça ruinés après les avoir écrasé 4-0 au match aller, pourquoi pas. Mais perdre au Parc des Princes face à une équipe universitaire, c’est la goutte de trop. Le pompon sur la Garonne. 

Avant hier soir, il me semblait impossible de se faire éliminer par un club qui n’avait, il y a quelques jours, même pas assez de joueurs pour organiser un Five à Porte d’Ivry. Un effectif dont la plupart n’ont même pas leur tête modélisée sur FIFA. Quel échec.

Il n’y avait qu’un seul club qui pouvait vivre ce scénario. C’était le notre. L’équipe qui avait soit-disant « 100% de chance de se qualifier » après son succès du match aller. Je n’ai même pas envie de m’acharner sur certains joueurs car selon moi, une équipe perd toujours ensemble. Hier, je n’ai vu aucun joueur jouer avec les mêmes tripes que celles du match aller.

Avant on était moche dans la tess’…

C’est dans ces moments-là que je redeviens nostalgique des années pré-2011. On vivait certes des moments difficiles mais on se battait à chaque match pour défendre nos valeurs. Il nous en fallait peu pour être heureux. On ne pouvait pas être déçu d’une équipe dont on ne s’attendait à rien, donc on kiffait le peu de « grands moments » que notre club vivait. Aujourd’hui, je dresse un mini « bilan » de ces 12 années passées à supporter le Paris Saint-Germain.

Pour Paris, j’ai dépensé beaucoup d’argent. Beaucoup trop. Comme quelqu’un qui s’incite à arrêter de fumer, je tente de compter tout l’argent que j’ai dépensé pour eux et m’imagine tout ce que j’aurais pu faire avec. M’acheter une voiture, faire le tour du monde, économiser pour mon avenir… mais non, j’ai préféré faire le clown au city stade de mon quartier avec mes ensembles « PSG x Jordan » et aller voir plusieurs fois par mois mon équipe humilier des fermiers au Parc des Princes.  

Supporter le PSG, c’est comme aimer une fille qui t’a déjà trompé à plusieurs reprises et qui te promet qu’elle va changer. Si pendant quelques mois, ça se passe mieux, au final, ça finit toujours pareil. Tu as beau l’aimer de tout ton coeur et lui offrir les plus beaux cadeaux du monde, elle finit toujours par te décevoir.

Paris c’est un peu ce pote qui te propose des soirées boite de nuit avec pleins de filles mais qui finissent toujours entre couilles à la chicha de Cergy-Prefecture. J’en ai marre. Je vais me mettre au curling. 

Il pleut des balles à la météo…

Vous savez ce qui est le pire dans tout ça ? C’est qu’on arrive à un stade où on commence à se dire « Et maintenant ? Qu’est-ce qu’on fait pour changer ça ? ». J’ai l’impression d’être sans cesse déçu. Comme tous les vendredis quand je constate que PNL n’a toujours pas sorti son album.

Après sept échecs consécutifs en Ligue des Champions, il est temps de faire un bilan de nos performances sur la scène européenne. Malgré quelques soirées de rêves (Leverkusen, Valence, Chelsea, quelques matchs face à Barcelone, Liverpool…), cela reste un échec total.

Après avoir dépensé le PIB du Vietnam sur le marché des transferts pour recruter des stars (Neymar, Mbappé, Cavani, Di Maria…), Paris montre une nouvelle fois ses limites lorsqu’il faut « poser ses couilles sur la table ». Plus on approche du sommet, plus on a peur des grands clubs qui grondent.

Quand mon oncle militaire va me raconter ses anecdotes de l’armée au prochain repas de famille, je lui répondrais que j’ai vécu deux « remontadas » en l’espace de deux ans. Il va s’asseoir, boire son ignoble Ricard et m’écouter sagement parler.

Mais bon, dans le pire comme dans le meilleur, je reste un supporter du PSG. Car soutenir un club est similaire à être en couple avec quelqu’un. Dans votre relation, il y aura toujours des hauts et des bas, mais c’est ce qui en fait son charme.

Et comme disait Victor Hugo, un bel arc-en-ciel sortira un jour de l’orage. Maintenant je retourne pleurer. 

Maxime G.