16 octobre 2019, 16:48 -

Après avoir teasé la réédition de son album « Nakamura », Aya présentait ce 10 octobre sa collection de rouges à lèvres inclusifs en collaboration avec la marque de cosmétique MAC. Adaptés à toutes les carnations et portés par la puissance de leur ambassadrice, ces lipsticks tendent à renouveler les standards de beautés de l’industrie du cosmétique.


  

La collection Nakamurance prône la femme dans son universalité. Elle comprend deux produits : un lipgloss pailleté « Nakamurance » ainsi qu’un rouge à lèvres bordeaux « Aya ». De la conception du packaging en passant par les nuances de teintes et la texture, la chanteuse s’est impliquée tout au long du processus et a pu de ce fait laisser libre cours à sa créativité pour donner vie à des produits qui lui ressemblent.

Première femme noire française en collaboration avec la marque MAC Cosmetics ainsi que l’une des personnalités européennes les plus influentes selon un classement établi par le magazine Forbes en 2018, Aya Nakamura s’est littéralement imposée comme une icône en son genre. Elle représente un choix évident pour la marque étant donné que l’on parle aujourd’hui de l’artiste féminine francophone la plus écoutée du monde.

Quant au tournant décisif qui a conduit à ce renouvellement des représentations dans l’industrie cosmétique, il a été marqué par l’arrivée de la marque de la chanteuse Rihanna : Fenty Beauty. Bien qu’elle s’inscrive dans le sillon d’une petite poignée d’autres, la griffe a mis un coup de projecteur sur les besoins d’une tranche de la population que les lobbies ne prenaient pas en compte et invisibilisaient jusqu’ici. Deux ans plus tard, inutile de creuser bien loin pour observer le tour de force, il suffit de se balader dans les boutiques et d’observer le travail des visual merchandiser : on a de la diversité, partout. Des vitrines en passant par les étalages. Enfin.

A la différence de ses homologues anglo-saxons, la France reste tout de même dernière de la classe en matière de représentativité. Il n’y a qu’à voir du côté de chez BandShades, célèbre marque qui commercialise des pansements pour peaux noires et métissées. Des pansements jusqu’alors – et encore aujourd’hui en France – restreints à des tons de beige, ou à la limite transparents, dont la compresse en coton reste apparente. Il y a aussi des sociétés comme Freed of London, Gaynor Minden, qui des siècles après la fameuse ballerine rose, ‘couleur chaire’, ont commercialisé des ballerines adaptées aux carnations des personnes noires et métissées.

Ces efforts mis bout à bout sont les pierres qui permettent de déconstruire l’édifice d’un passé colonial dont on a encore du mal à se défaire. A terme et grâce à ce genre d’initiatives, peut-être alors que l’on célébrera la beauté dans son ensemble et sa diversité, loins des diktats normatifs que le système dominant a imposé jusqu’ici.