11 juin 2018, 12:39 -

 

En mars dernier, pour la sortie de son nouvel album Story TellerMédine a sorti le superbe clip du morceau Bataclan, annonçant par la même occasion ses deux dates le 19 et 20 octobre prochain dans la salle parisienne mythique, dans laquelle s’étaient déroulés les tragiques évènements de novembre 2015.

D’ordinaire assez sulfureux, le rappeur a qui on avait déjà reproché les lyrics du morceaux Don’t Laïk en 2015 s’est une fois de plus attiré les foudres de la droite et de l’extrême droite : des élus comme Laurent Wauquiez s’offusquent de ce « sacrilège« , qu’un « individu ayant chanté ‘crucifions les laïcards’ et se présentant comme une ‘islamo-caillera’  » se produise dans cette même salle ou la « barbarie islamiste a coûté la vie à 90 de nos compatriotes« . La présidente du Rassemblement National (ex FN), Marine le Pen, s’est elle aussi exprimé sur le sujet : « Aucun français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du Bataclan. La complaisance ou pire, l’incitation au fondamentalisme islamiste, ça suffit ! » Enfin, le député républicain des Alpes-Maritimes Eric Ciotti demande à Macron l’interdiction du concert, tandis que le président du groupe républicain au Sénat, Bruno Retailleau, a appelé le ministre de l’intérieur à utiliser  contre Médine « les mêmes armes que contre Dieudonné« . Enfin, pour la porte parole des députés républicains, les paroles du rappeur ne sont « ni plus ni moins qu’un appel au meurtre« .
En face, Eric Bellamy de Yuma prod, tourneur de Médine, a réagi ce week end : « Nous maintenons les concerts, comme prévu. Médine s’est expliqué plusieurs fois sur le morceau Don’t Laïk. Il n’y a aucune ambiguïté dans ce qu’il dit. Il a même écrit un texte magnifique sur le Bataclan, auquel tout le monde a adhéré« .
Philippe Duperron, président de l’association de victimes 13onze15 : fraternité et vérité, a de son côté demandé à la direction du Bataclan l’annulation du concert : « le personnage est éminemment contestable, il y a des paroles contestables qu’on aimerait ne pas entendre. tout cela est douloureux pour les victimes que nous sommes : nous sommes victimes deux fois« .
Un point de vue qui ne fait pas même l’unanimité au sein des victimes : Christophe Naudin, survivant du 13 novembre, ne le partage pas : « Je ne suis pas choqué. Il ne prêche pas la haine, ni le jihad, je ne vois pas pourquoi il ne passerait pas. Pour ceux qui veulent récupérer ça politiquement, le souci de Médine, c’est qu’il est musulman. Si on commence à interdire des concerts dans cette salle, c’est dommage. Si on commence à trier, ça peut aller très loin.« 
Après le concert de Black M à Verdun annulé l’an dernier, Médine pourrait bien lui aussi faire les frais des attaques de la fachosphère… affaire à suivre.