11 décembre 2019, 16:43 -

À l’occasion des 5 ans d’OKLM, la rédaction revient sur cinq moments qui ont aussi bien marqué les équipes que le public.

 

 

C’était il y a 5 ans. La MZ était encore au complet, Vald et Roméo Elvis présentaient leurs premiers EPs et Joke frappait fort avec «Ateyaba». C’est dans ce contexte déjà propice à l’émergence de nouveaux talents qu’OKLM naît, avec pour mission de mettre en lumière les rappeurs de demain. Et l’une des premières pépites repérées par le média n’est autre qu’Hamza. Le Belge figure parmi les premiers artistes à avoir envoyé son clip à OKLM, le média fraîchement créé qui se présentait alors comme une plateforme destinée à mettre en avant de nouveaux artistes.

 

Sous les radars

 

 

La jeune pousse est alors placée directement sous les radars du site et de sa rédaction. L’année 2015 s’écoule et les découvertes de talents se succèdent. Parmi les artistes présents dans cette première vague d’upcomers repérés par OKLM, on retrouve également PNL, l’une des premières réalisations d’SCH avec «La malette» mais aussi un certain Freestyle PSG qui comptait à l’époque 50 000 vues. Un cru particulièrement prometteur dans une année qui reste, encore aujourd’hui, l’une des plus importantes lorsque l’on parle d’une nouvelle vague rap en France. Hamza de son côté dévoile sa seconde mixtape : «H-24». Avec des morceaux forts comme «Minimum», «Respect» ou «La Sauce», le projet tape dans les oreilles de la rédaction. «Le premier morceau qui nous a intéressés, c’est le clip de «Millions» de sa première mixtape «Recto Verso» sortie en 2013. Il y avait une très bonne équipe derrière ça, comme Nicolas Noel à la réalisation, du budget et une esthétique léchée. Le titre était grave cool et Hamza avait déjà de l’attitude, ça avait attiré notre attention.», se rappelle Romain M, co-fondateur d’OKLM. Un premier titre dont le clip se retrouvera uniquement uploadé sur le Dailymotion du média.

 

 

Le 10 décembre 2015, Hamza se produit pour la première fois sur une véritable scène parisienne au côté de Myth Syzer. À cette occasion, il donne sa première interview à un média français : OKLM. Cheveux longs plaqués en arrière, perfecto en daim et jean slim, le Sauce God a depuis bien changé. Mais même à cette époque, il «avait déjà beaucoup de confiance dans la qualité de sa musique», selon Romain M qui a interviewé le jeune talent dans ce parc parisien. Entre ses inspirations tout droit venues d’Atlanta, sa vision sur ses premiers clips et ses futurs projets de l’époque, Big H se présente réellement à ce qui sera, dès lors, son public. Désormais fini le temps des mixtapes, il est temps pour Hamza de présenter son premier album.

 

 

L’éclosion du phénomène

 

«Zombie Life» sort le 24 juin 2016. L’univers sombre du rappeur s’étend et Hamza donne une nouvelle dimension à son personnage. Les basses 808 s’associent alors à des mélodies hypnotiques dans une musique résolument sombre. Et que dire des featurings avec Ateyaba ou Damso qui ne font qu’affirmer le nouveau statut du prodige belge.

 

 

À la même époque, Mehdi Maïzi cherche alors un nom pour une émission de radio qu’il doit animer pour OKLM : « On fait une réunion à OKLM pour décider du nom de l’émission, c’est jamais évident à trouver. Et je crois que c’est Nemo (Captain Nemo) qui a dit «La Sauce», comme ça lui est passé par la tête. On en rigole, mais on n’est pas encore convaincu par le nom. Mais au moment d’enregistrer le pilote de l’émission, on utilise ce nom en pensant qu’on va le changer plus tard. Et lorsque l’on a envoyé ce pilote aux instances dirigeantes d’OKLM, ils ont adoré le nom en fait, donc on l’a gardé. C’était un mot qu’on utilisait déjà, car ça nous faisait rire et que Hamza l’avait aussi popularisé. Mais c’est plus arrivé par hasard que par véritable volonté de faire une référence. Et après, c’est devenu une jolie blague quand on le recevait.», se souvient l’ex animateur de «La Sauce». Et comme il faut bien rendre à César ce qui est à César, OKLM invite pour la première fois le rappeur dans La Sauce. L’occasion de revenir sur ses premières fois, la construction de cet album et son succès grandissant en lien avec l’arrivée de la scène belge.

 

 

Une scène belge que les équipes d’OKLM ont toujours souhaité mettre sur le devant comme l’explique Romain M : «Notre postulat, c’était de casser plein de barrières et donc plein de frontières. Il y a une vague belge qui est arrivée dans le rap avec Négatif Clan, Damso, John Cruipy et Hamza. Il y avait beaucoup plus de codes US, car c’était une sorte de trap plus décomplexée qu’en France et c’est ça qui nous a plu.» Ce premier album est aussi synonyme de lives et de shows. Désormais, le rappeur n’est plus réellement une pépite underground, mais un véritable upcomer. Pour s’en rendre compte, il suffit d’admirer le public qui s’amasse lors de son show au palais de Tokyo en mars 2017. Et ça tombe bien, puisque les équipes d’OKLM ont pu suivre l’artiste sur scène et filmer cette soirée placée sous le signe du H.

 

 

Big H, Big Fame

 

C’est ensuite en ses terres que l’on retrouve le Belge après la sortie surprise de «Santa Sauce». Hamza tourne alors le clip de «Destiny’s Child», à Bruxelles, le premier extrait de son futur projet «1994». Face à la caméra, Hamza dévoile son amour pour les vêtements ou plutôt les belles pièces comme il les appelle. C’est là que l’image du H prend réellement un tournant. Plus pointues et travaillées, ses tenues s’agrémentent de pièces uniques et de créations de designer sublimées par un véritable travail autour de la réalisation de ses clips. Un Hamza 2.0 qui se plaît désormais dans son propre label au sein de chez Warner.

 

 

C’est à la fin du mois d’octobre 2017, que sort la très attendue mixtape «1994». Le rappeur Belge propose dans ce projet une ballade entre le RnB dansant et la trap d’Atlanta qu’il affectionne tant. Que ce soit dans ses lyrics ou au micro de sa deuxième «Sauce», Hamza a beaucoup à raconter sur son nouveau lifestyle bousculé par la fame.

 

 

Fort de singles marquants comme «Life» ou «Vibes», le projet connaît un succès retentissant qui l’amènera à être certifié disque d’or, un an plus tard. Une récompense marquante que le rappeur fêtera au Festival Cabaret Vert. Venu découvrir le festival, l’équipe d’OKLM assistent à cette victoire, comme Romain M qui a eu droit à un cadeau tout particulier. «Comme Hamza et son équipe étaient au courant qu’on allait venir, ils ont eu l’extrême gentillesse de m’imprimer un disque d’or pour «1994». C’est la première fois que quelqu’un m’offrait un disque d’or, ce ne sont pas tous les artistes qui font ça. Ils nous avaient déjà remercié Mehdi et moi dans le livret du disque, ce qui nous avait particulièrement touchés. Mais recevoir ce disque d’or d’Hamza, c’était quelque chose.»

 

 

Ca y est, Hamza a percé. Son nom résonne dans les médias rap et les lectures s’enchaînent dans les playlists de ses fans. Le rappeur devient une personnalité reconnue dans le milieu du rap, l’occasion pour lui de répondre à nos questions dans un «Au revoir Merci» plein de sauce.

 

 

Comme pour marquer son entrée dans une nouvelle dimension, Hamza se produit en avril 2018 à la Cigale. La salle est pleine, le public trépigne à l’idée de voir le Belge enflammer la scène, ils ne seront pas déçus. Mehdi Maïzi et les équipes d’OKLM suivent encore une fois Hamza sur scène pour un concert tout particulier. C’est lors de ce show que lui sera remis son single d’or pour «Life», un titre qu’il n’a désormais plus besoin de chanter comme lui prouve les quelques 950 personnes présentes ce soir-là.

 

 

Hamza au Paradis

 

Finalement, Hamza opère un dernier changement. Saucé par la réussite de «1994», le Belge prend son temps avant de dévoiler son nouveau projet : l’album «Paradise». Hamza n’est alors plus en quête de succès, cette vie d’artiste et de gloire, il la vit depuis un peu plus d’un an désormais. Sauce God est assis sur son trône et c’est exactement cette vie-là qu’il compte raconter à son public dans «Paradise». Les bangers comme «Audemars Shit» ou «HS» avec SCH côtoient les sensuels «Sometimes» ou «Dale x Love Therapy» tandis que le doux «Minuit 13» en feat avec Christine et Oxmo Puccino conclut l’album avec une collaboration surprise.

 

 

Pour leur troisième rencontre, Hamza et Medhi Maïzi se donne rendez-vous pour un «More Sauce spécial». Spécial, car déjà, celui-ci est centré uniquement sur Paradise, mais surtout, parce que plus qu’une interview, c’est une discussion. Un véritable moment d’échange entre l’artiste et le journaliste, qui au fur et à mesure des années ont appris à se connaître. «Contrairement à ce que les gens peuvent penser, on est pas si proche que ça avec Hamza. On ne s’envoie pas des DM tous les jours. Je ne suis certainement pas le premier à avoir parlé d’Hamza ou même le premier à l’interviewer. Mais vu que j’ai commencé à parler d’Hamza dans mes émissions ou sur mes réseaux dès sa tape «H24», et que j’ai été assez fidèle dans mes écoutes, Hamza et son équipe ont été assez sensible à ça. La preuve, c’est que Romain M et moi-même sommes crédités dans le livret de «1994», c’est un honneur. Je pense qu’on est juste deux personnes qui se voient deux trois fois par an, qui s’apprécie et tracent leurs chemins de carrière, on se respecte et on a une reconnaissance mutuelle l’un envers l’autre.», précise Mehdi Maïzi.

 

 

Aujourd’hui, Hamza est un artiste accompli. Reconnu pour sa musique, son esthétique, son personnage, et même ses productions textiles, l’autrefois jeune pousse peut être fière et heureux de sa réussite, au moins autant que Romain M l’est. «Ce qui fait plaisir, c’est de voir que des trucs que l’on trouve vraiment cool, qui sont à la fois risqué, très travaillé, nouveau et racé puissent fonctionner. C’est pareil lorsque l’on voit Alpha Wann qui remplit l’Olympia, ou des grands rappeurs comme Ninho ou Orelsan faire un Bercy, c’est la culture qui gagne un petit peu à chaque fois. Et on est tous content d’assister à ça.» 

 

 

En 5 ans, Hamza a réussi ce que beaucoup considérait comme inenvisageable en Belgique : percer en France et devenir l’une des têtes de la nouvelle vague. Pour ça, le Sauce God a dû franchir les étapes petit à petit comme nous avons essayé de vous le montrer ces cinq dernières années en le suivant un peu partout. Et si le prodige est désormais roi en son pays, son évolution est en quelque sorte parallèle à celle de notre média. «Car à chaque fois qu’Hamza faisait une salle plus grande, on pouvait nous aussi y accéder. Il y a eu plusieurs artistes comme lui où on a en quelque sorte «célébré des victoires ensemble». À chaque fois qu’ils grandissent, nous, on grandit. Et finalement, c’est partager de nouveaux moments forts ensemble qui fait qu’à la longue, il y a de jolies histoires qui se racontent.», conclut Romain M.