15 avril 2019, 11:39 -

Ce qui est bien avec le PSG, c’est que même lorsqu’on est au fond du trou, on continue toujours de creuser. 

Un peu plus d’un mois après l’élimination face à Manchester United, je pensais que plus rien ne pouvait m’atteindre. J’étais même prêt à « fêter » le titre autour d’une bonne bouteille de Champomy. Oui, je suis encore un enfant, je ne bois pas de champagne. Fuck l’alcool.

J’étais dans une bonne vibe. Un petit séjour à Florence, un magnifique soleil, des pâtes et pizzas à gogo, des belles petites italiennes… tout était réuni pour passer un week-end parfait. Malheureusement, je supporte le PSG. 

Après le rêve, le retour à la réalité : le RER A, les malaises voyageurs, le froid, les pizzas à la sauce barbecue de chez les rebeux et surtout, mon club de cœur qui me déçoit une nouvelle fois. 

Cergy-Pontoise, Ile-de-France.

Une saison à 65% royale qui vire depuis un mois au cauchemar. Le PSG, c’est un peu ce mec qui organise un dîner romantique parfait mais qui renverse la bouteille de vin sur la robe de la fille au moment d’aller payer. Moralité de l’histoire : même si tu as dix zéros après le premier chiffre de ton compte en banque, tu ne peux pas gérer la plus belle femme d’Europe si tu n’as pas la manière et la classe qui vont avec. L’argent ne fait pas tout.

Nulle, nulle et… nulle. Voilà comment je décrirais en trois mots la performance de notre équipe ce soir. Même en infériorité numérique, il est inadmissible de s’incliner sur un tel score. Il est également important de souligner la très belle prestation des joueurs du LOSC. Se cacher derrière une ou deux erreurs d’arbitrage alors qu’on a perdu 5-1 serait de la pure mauvaise foi. On s’est chié dessus et les lillois ont parfaitement réussi à nous faire bouffer notre propre merde.

« Viens on s’casse mon frère, avant qu’on s’perde »

Ma plus grosse déception est d’avoir loupé les beaux yeux d’Ophélie Meunier dans Zone Interdite sur M6 pour voir les pieds carrés de Thomas envoyer le ballon dans nos propres cages.

Il est temps de retirer à Julian Draxler son emploi fictif. La Penelope allemande. Pendant 39-45 minutes, cet enfoiré a passé la majeur partie de son temps à marcher, même à 10 contre 11. Le mouvement des gilets-jaunes a donc réussi à passer la frontière de l’Alsace. Il était pour moi le symbole de la non-chalance parisienne dimanche soir. À envoyer dans le premier wagon pour l’Angleterre cet été.

Et que dire de nos 500 joueurs blessés ? Thiago Silva, Thomas Meunier ont rejoint hier Angel Di Maria, Neymar, Edinson Cavani et Marquinhos sur les bancs de l’infirmerie parisienne. C’est le PSG ou l’Hôpital Raymond-Poincaré de Trappes ? Qu’on vérifie les licences du staff médical parisien, s’il vous plait. Ils ont l’air d’être aussi médecin que moi, sachant que j’ai besoin de ma mère pour me mettre un pansement correctement.

Le staff médical du PSG.

Il faut savoir accepter de perdre, oui. Mais on peut aussi le faire dignement. Quelle humiliation que de prendre un but par un mec qui s’appelle « Gabriel ». On dirait le nom d’un personnage des Choristes. Qui sera le prochain ? Pierre Morhange ? Gérard Jugnot ? La voie de notre chemin vers le titre était toute tracée, mais nos joueurs se sont égarés et ont oublié de jouer au football.

Et avouons-le : on a tous eu chaud du 6-1. Je m’étais mentalement déjà préparé à me faire chambrer par mes potes qui, depuis le 6 mars 2017, daignaient enfin à me laisser tranquille. 

J’ai accepté deux remontadas en trois saisons, le sauvetage de Choupo-Moting sur la ligne adverse, la passe de la tête de Marco Verratti pour Kevin Trapp… Mais encaisser un 6-1 face à Lille sur un but de Loïc Rémy aurait clairement été la larme de trop. Désolé pour les usagers du RER A sur la ligne Cergy-Paris qui auraient été emmerdés ce matin par ma faute. 

« J’meurs dans un cauchemar exotique, où le RER A ressemble à ma tombe »

Supporter le PSG devrait être rémunéré. On nous promet depuis des années la lune pour au final nous emmener à Châtelet. Oui, Paris sera champion. Encore heureux. C’est un minimum. La rémunération au tarif syndical que nous, supporters parisiens, méritons. Pareil pour le titre en Coupe de France. Ce qu’on veut, c’est des résultats en Ligue des Champions. Au moins une progression.

Chaque saison, on pense que tout va changer. Et comme lorsqu’un politique promet au peuple que les choses vont évoluer, le Paris Saint-Germain nous endort avec ses belles paroles, pour finalement nous décevoir. Comme un fan de la Sexion d’Assaut qui croit en leur retour depuis sept ans, on a l’impression d’attendre quelque chose qui n’arrivera jamais. Et si finalement, le club de la capitale était à son apogée ? Rêvons-nous trop grand ? 

En attendant l’Apogée.

À force d’attendre, certains supporters commencent malheureusement à perdre la magie dans leurs yeux. Comme un enfant lorsqu’il apprend que le père Noël n’existe pas et que, depuis toutes ces années, ses parents se sont moqués de lui. On arrive dans une période où on peut commencer à faire un tri au sein des fans parisiens. Pour ma part, je soutenais Paris au bord de la relégation et continuerais à le soutenir même si on se prend un 7-0 par le FC Cergy-Pontoise. Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va.

Ça prendra le temps qu’il faudra mais je reste persuadé qu’un jour, Paris sera la capitale de l’Europe.