31 octobre 2017, 16:09 -
Chaque semaine Raphaël Da Cruz vous déniche les meilleurs articles de presse autour du monde du hip-hop

 

 

JUL, SAINT JEAN (ET) LES MÉDIAS

Par Théo pour ReapHit

 

C’est un fait divers qui a pu faire sourire certains, en agacer d’autres : Jul a passé sa soirée du dimanche 22 octobre en garde à vue suite à un contrôle d’excès de vitesse alors qu’il avait fumé du cannabis. Le traitement médiatique de cette arrestation a en tout cas fait réagir nos collègues de ReapHit.

 

Parce qu’en France, Jul est l’un des artistes qui comptent le plus en termes d’audience, et que le rap est encore maltraité dans les médias, le traitement de cette information par les rédactions grand public méritent qu’on prenne le temps de s’en insurger, d’après Théo du site ReapHit. Selon lui, de nombreux médias « ont titré sur un fait divers pour en faire une actualité rap. (…) Le plus grave n’est pas que les médias parlent de ça, mais bien qu’ils ne parlent que de ça ». D’après lui, l’attitude de Jul a d’ailleurs été « irréprochable », puisqu’il a très vite utilisé les réseaux sociaux pour s’excuser auprès de ses fans. Un message que les articles incriminés ont relayé, mais ont préféré « tomber à bâtons rompus sur ses fautes d’orthographe, c’est tellement plus simple ».

 

Il va même plus loin, en comparant la différence de traitement de cette histoire avec l’arrestation de Benoit Magimel l’an dernier, pour blessures involontaires, délit de fuite et usage de stupéfiants, après qu’il ait renversé une personne âgée. La presse avait alors souligné les difficultés personnelles de l’acteur. « Derrière cette asymétrie de traitement médiatique, et bientôt judiciaire, il n’y a que la condescendance des puissants qui ne dissimule en rien la lutte des classes qui se perpétue », estime l’article.

 

En conclusion, Théo salue la réaction d’un rappeur au style éloigné de Jul, Vîrus, qui a posté sur Facebook : « Les plus grandes revendications s’orthografient avec plein d’phautes ».

 

Article complet : http://reaphit.com/jul-saint-jean-medias/

 

 

 

Post Malone numéro 1 avec Rock Star

par Miles Tanzer pour The Fader

 

« Rock Star » de Post Malone avec 21 Savage est le single numéro 1 classement Bllboard depuis deux semaines. Mais The Fader raconte que cette arrivée à la première place a été réalisée grâce à une opération un peu spéciale.

L’article rappelle que c’est grâce au streaming que Rockstar est devenu numéro un. Mais aussi par une pirouette de son label, Republic Records. En septembre, ils ont mis en ligne sur Youtube une vidéo où l’on entend le refrain de la chanson pendant plus de trois minutes. En descriptif de la vidéo, il y a un lien pour écouter la chanson sur les plateformes de streaming. La vidéo a déjà fait plus de 62 millions de vue. Or, explique l’article, « une vue de cette vidéo compte pour les classements de la même manière qu’un remix de son instrumental par un autre artiste, par exemple ».

Pour The Fader, « Au mieux, cette vidéo peut être vue comme un plan marketing malin, et au pire, comme un piège pour les auditeurs qui pensent écouter la chanson entière ». D’autant que les vues Youtube pourraient bientôt compter dans le classement Billboard des albums, conclue l’article.

 

Article complet : https://www.thefader.com/2017/10/17/post-malone-youtube-rockstar-chorus-loop

 

 

Sexisme dans le rap

Par Simon Clair et Lucas Minisini pour Greenroom

 

Depuis l’affaire Harvey Weinstein, la parole sur le sexisme se libère de plus en plus, notamment via les réseaux sociaux. Greenroom s’est posée la question suivante : les rappeuses françaises subissent-elles, elles aussi, le sexisme ?

Simon Clair et Lucas Minisini de GreenRoom ont rencontré Suka, Moon’a, Illustre, Punchlyn et Liza Monnet. Un constat s’impose dans leurs témoignages : les clichés persistent pour les rappeuses qui souhaitent percer. Il y a une forme de formatage insidieux, dont PunchLyn, rappeuse de Roubaix, dit ainsi qu’elle a beaucoup entendu : « t’es une femme dans le rap, donc t’es un produit ».

Le premier défi pour les rappeuses aujourd’hui, d’après l’article, c’est « le curseur de la féminité ». « On est soit du côté de la brute de décoffrage, soit à montrer ses seins. Tout est dans l’extrême et ça manque de mesure », estime ainsi la rappeuse Illustre. Et ses collègues racontent à quel point il est difficile d’être dans des situations intermédiaires. D’autant que, comme d’autres femmes dans notre société, elles subissent le harcèlement sexuel.

 

L’autre défi, c’est l’intégrité artistique, selon l’article. De nombreux producteurs ont demandé à certaines des rappeuses interviewées de faire des covers de chansons de leurs collègues masculins. « On ne demanderait jamais ça à un mec ! D’ailleurs, aucun mec ne voudrait le faire », d’après PunchLyn. D’autres, comme Moon’a racontent que certains producteurs proposeraient aux rappeuses d’être uniquement interprètes, avec des morceaux « clés en main », ce qui leur feraient perdre leurs droits d’auteurs.

 

Il leur reste la débrouille et l’humour. Suka a ainsi mis en scène un mec en train de lui faire la vaisselle dans le clip de « NDM ».

 

Article complet : http://www.greenroom.fr/119702-sexisme-rap/

 

 

The Grammys’ Hip-Hop Evolution

par Gail Mitchell pour The Billboard

 

 

On a souvent parlé dans cette revue de presse du manque de compréhension du rap de la part des institutions musicales comme les Grammy ou les Victoires de la Musique. Sauf que cela pourrait changer pour les Grammy 2018, d’après Billboard Magazine.

 

« En 2016, Travis Scott a eu son premier album numéro un avec Birds in the trap sing McKnight – mais il n’était pas dans la liste des nommées aux grammy 2017. Idem un an auparavant pour Future et son DS2 », souligne l’article. Le milieu du rap est habitué à être mis au ban de la cérémonie récompensant les meilleurs musiciens américains, « mais ce snobisme est toujours douloureux », ajoute-t-il.

Cela pourrait changer en 2018 : l’académie des Grammy a créé en juin un comité pour les nominations rap, « qui comprend des artistes, des auteurs, des compositeurs et des ingénieurs ». Comment fonctionne ce comité ? Par tours de votes, pour permettre de dégager cinq nommés dans les catégories liées à un genre musical. Auparavant, d’après Bill Freimuth, membre de l’académie des Grammy, « les électeurs de l’Académie avaient tendance à voter pour les artistes les plus connus, sans voir la musique produite par les labels indépendants. Le rap est un genre qui évolue très vite, et nous voulions que les nominations reflètent cela ».

 

D’après l’article, il y a eu un premier signe encourageant l’an dernier quand Chance the Rapper a remporté trois trophées, dont celui du meilleur nouvel artiste. Et même si depuis presque trente ans, les rapports sont parfois conflictuels entre le rap et les Grammy, pour le producteur Zaytoven, « gagner un Grammy est vraiment toujours important pour le monde du hip-hop. On a tous envie d’en avoir un, c’est la plus haute récompense à gagner ».

 

Article complet : http://www.billboard.com/articles/news/grammys/8006567/grammys-hip-hop-evolution-recognition-2018-interview

 

 

Avocats du rap français / Street Press

Si je vous demande le nom d’un avocat célèbre dans le rap, vous pensez à qui ? Maître Lebras ? Maître Ruben ? Maître Simonard ? Street Presse s’est intéressé aux avocats du rap français.

L’article commence par le récit de la rencontre entre Maître Ruben et Fianso, suite à son arrestation lors du tournage du clip de « Pégase ». L’avocat a réussi à annuler la poursuite grâce à un vice de procédure. Pour le remercier, Sofiane l’invitera trois jours plus tard à son Planète Rap. « Depuis, j’ai eu beaucoup de félicitations et de nouveaux clients. L’autre jour, au tribunal de Meaux, un jeune m’a même réclamé un selfie », raconte Maître Ruben.

 

Maître Lebras pour Booba, Maître Simonard pour Niska, Maître Bouzrou pour LIM: autant de professionnels du barreau que les rappeurs ont salué dans leurs morceaux. Yassine Bouzrou, avocat de la famille Traoré, de Seth Gueko, Rim’K et Lacrim a même eu une chronique juridique sur « Générations 88.2 ».

 

L’article présente aussi Dominique Tricaud, avocat pour le Ministère A.M.E.R., Sniper, et surtout La Rumeur, qu’il a défendu lors du procès intenté à leur encontre par Nicolas Sarkozy. Il raconte plusieurs anecdotes mémorables, notamment la fois où il a défendu Stomy Bugsy lorsqu’il a insulté Jean-Marie Le Pen de « tête de veau » dans un vol pour Strasbourg. L’avocat se souvient : « Au tribunal, il lit un texte qu’il a écrit, absolument exceptionnel, dans lequel il explique qu’il aurait préféré que l’avion s’écrase, plutôt que de (s)’écraser devant Le Pen ».

 

Le mot de la fin est signé Maitre Ruben : « Au fond, on fait un peu le même métier : on met des mots les uns à la suite des autres, mais à des fins différentes. »

 

Article complet : https://www.streetpress.com/sujet/1508753455-les-avocats-stars-du-rap-francais

 

 

Écrire des tubes à l’ère de Snapchat

Par Shkyd pour Yard

 

« Pouloulou », « skibidi pop pop », « ohlala »… Et si les mots n’avaient plus aucune importance dans les chansons ? Yard essaie de comprendre comment on écrit des tubes à l’ère de Snapchat.

 

Shkyd, auteur de cet article, essaie de comprendre les nouveaux mécanismes d’écriture. « Difficile d’aller à l’encontre d’une des opinions les plus populaires concernant les chansons d’aujourd’hui : les paroles sont moins bien écrites qu’avant », admet-il d’emblée. Pourtant, si les mots prennent moins de place qu’aujourd’hui, ça ne veut pas dire que les chansons n’en soient pas moins évocatrices, d’après lui : « Un bon auteur n’est pas quelqu’un avec des qualités d’écriture brillantes, mais quelqu’un qui a la capacité de créer un écho. (…) Les meilleurs auteurs que nous avons, sont toujours ceux en harmonie avec leur temps ».

 

Il prend donc exemple sur « Réseaux » de Niska, qui ne parlent pas que de réseaux sociaux, « Black Beattles » de Rae Sremmurd, qui parlent vaguement d’être une rockstar noire, ou encore mieux, ce tube qui ne devait pas en être un, le freestyle du rappeur anglais Big Shaq et son imitation de mitraillette. A ce propos, il souligne que l’usage d’onomatopées dans des chansons populaires n’est pas nouveau, de Scatman en 1995 à Brigitte Bardot en 1968.

 

D’ailleurs, à l’ère des réseaux sociaux et des memes, selon Shkyd, ce sont les auditeurs qui créent leur tube. L’expression « OKLM » ou l’attitude de femme indépendante et bitchy de « Bodak Yellow » étaient perceptibles dans des tweets et vidéos Snapchat avant que Booba et Cardi B en fassent des chansons.

 

Article complet : http://yard.media/ecrire-tubes-a-lere-snapchat