14 novembre 2017, 17:05 -

LA REVUE DE PRESSE HIP-HOP (SEMAINE DU 10 NOVEMBRE 2017)

Chaque semaine Raphaël Da Cruz vous déniche les meilleurs articles de presse autour du monde du hip-hop

 

 

 

JAY-Z soutient Meek Mill

Par Evan Minsker pour Pitchfork

 

La nouvelle de ce début de semaine dans le rap américain, c’est la peine de prison énoncée pour Meek Mill pour violation de sa conditionnelle : de deux à quatre ans de prison ferme.

L’information a été diffusée par de nombreux sites, dont le magazine Pitchfork. Pour avoir provoqué une bagarre à Saint-Louis en mars dernier, et avoir conduit dangereusement sa bécane de cross à New York en aout, un juge de Philadelphie a considéré que Meek Mill avait violé sa liberté conditionnelle liée à une affaire de drogue et de port d’arme illégal.

 

Ce n’est malheureusement pas la première fois que Meek Mill viole sa conditionnelle depuis son application en 2009. Il a déjà fait cinq mois de prison en 2014, rappelle l’article de Pitchfork.

 

Cette nouvelle a fait forcément réagir de nombreuses personnalités du rap. La réaction la plus forte a été celle de Jay-Z, qui a écrit un message sur sa page Facebook. « La peine énoncée par le juge, allant contre la recommandation du procureur général et le contrôleur judiciaire, est injuste et brutale, estime-t-il. Nous continuerons de soutenir Meek Mill, aussi bien dans son combat contre cette peine que pour son retour à sa carrière artistique ».

 

Article complet : https://pitchfork.com/news/jay-z-calls-meek-mills-prison-sentence-unjust-and-heavy-handed/

 

 

 

Le Guide Noisey de Ruff Ryders

par Maxime Delcourt pour Noisey

 

Quel est le plus grand collectif de l’histoire du rap US ? Le Wu-Tang Clan ? La Dungeon Family ? Les Diplomats ? Pour Maxime Delcourt, de Noisey, ce sont les Ruff Ryders.

Le collectif de Yonkers, au nord de New York, fête ses vingt ans d’existence cette année. Pour Maxime Delcourt, le Double R « soufflait le chaud et le froid sur le hip-hop américain, et donc mondial ». Pourquoi ? D’après lui, le label a été « un collectif qui a toujours su trouver le juste milieu entre le succès commercial et le manifeste underground, qui a révolutionné l’imagerie hip-hop, qui a mis un terme au règne de Bad Boy Records », grâce à un rap « lugubre, agressif et racailleux ».

 

L’article revient sur l’histoire des Ruff Ryders, créé par la famille Dean, notamment trois personnes : Chivon, Joaquin et Darin, « oncles et tantes de Swizz Beatz ». Mais aussi sur les carrières des différents membres des Ruff Ryders, à commencer par le plus iconique : DMX. « Qui d’autre que DMX aurait pu de toute façon incarner à la perfection le paradoxe de Ruff Ryders ? Qui d’autre que le X a cette faculté à ne jamais choisir entre le bien et le mal, entre le dévot et le gangster », demande par la rhétorique Maxime Delcourt.

 

L’occasion, aussi, de rappeler l’influence des Ruff Ryders sur la mode de l’époque. Ils ont imposé leur style de motards, et ont même, d’après l’article, permis aux ventes de motos d’augmenter à la fin des années 90. L’article raconte aussi la relative disparition du crew, entre les délires de nouveaux riches de Swizz Beatz, les problèmes de drogue de DMX, et les sous-labels qui n’ont jamais vraiment pris.

 

Article complet : https://noisey.vice.com/fr/article/gyjb8j/le-guide-noisey-de-ruff-ryders

 

 

 

Drake absent des Grammy’s

par Kathy Ianti pour Billboard 

 

La semaine dernière, on apprenait par plusieurs médias américains que Drake n’avait pas soumis son album « More Life » à la liste des potentielles nominations pour les Grammy Awards 2018. Anodin ? Pas tant que ça, selon le magazine Billboard.

 

Aucune raison n’a été officiellement livrée par le clan OVO, et les spéculations ont commencé à circuler, rappelle l’article. Est-ce qu’il craint la concurrence de Kendrick Lamar ? Est-ce un signe de protestation, comme Franck Ocean l’an dernier ? Ou est-ce qu’il s’en fout totalement, au fond ? « Ses raisons importent peu comparé à ce que cela signifie pour le rap, les Grammys et les raisons de s’en soucier », résume l’article.

 

Kathy Iandoli, l’auteure de l’article, revient sur les relations compliquées entre la cérémonie de l’industrie musicale américaine et le rap, depuis le premier trophée rap en 1989. Encore l’an dernier, Drake s’est d’ailleurs plaint que « Hotline Bling », chanson pour laquelle il a gagné deux récompenses, soit étiquetée par les Grammy comme un titre de rap. Pourtant, rappelle la journaliste, « Drake a toujours voulu être considéré hip-hop quand beaucoup ont voulu lui reprendre le micro des mains », puis elle ajoute « Drake est aujourd’hui le hip-hop dans sa forme la plus pure, mais maintenant qu’il a atteint ce statut, il recule d’un pas ».

 

Pourtant, Drake a aussi l’air d’aller dans le sens de nombreux autres rappeurs demandant, justement, à ne plus êtes appeler des rappeurs, mais des artistes tout court. Elle conclue ainsi : « Alors que le monde du hip-hop s’est battu pendant des décennies pour être reconnu par les Grammys, Drake semble poser le genou à terre pour dire que toute la musique est aujourd’hui de la black music, et qu’une petite place pour le rap est trop vague. »

 

Article complet : http://www.billboard.com/articles/news/grammys/8022014/drake-abstaining-from-grammys-why-we-should-care

 

 

 

L’histoire des chanteuses de feats, d’hier à aujourd’hui

par Chloé Plancoulaine pour Konbini

 

« Ashanti, Estelle, Kristina, Blu Cantrell, Faith Evans, Olivia… » Autant de chanteuses dont on a fredonné les mélodies … et qui ont permis à des rappeurs d’avoir des tubes. Un article de Konbini leur rend hommage.

 

Chloé Plancoulaine revient sur les tendances qui ont traversé le rap en termes de refrains assurés par des chanteuses. Ainsi, des artistes comme Ashanti ou Faith Evans étaient les têtes proues de leurs labels respectifs, Murder Inc et Bad Boy. La journaliste a d’ailleurs demandé son avis à un spécialiste r’n’b bien connu chez OKLM : un certain Hubert Macard. « Dans les années 1990-2000, le R’n’B explosait aux États-Unis, bien loin devant le hip-hop, et il fallait absolument avoir sa chanteuse pour espérer accrocher un morceau de rap dans le top 10 grâce une bonne mélodie catchy ».

 

Mais avec la démocratisation de l’auto-tune, les rappeurs ont de plus en plus choisi d’assurer leur refrain chanter. Ce qui a eu pour effet, selon l’article, de pousser des chanteuses qui ont eu envie de s’émanciper. L’auteure mentionne ainsi des artistes comme Abra, FKA Twigs ou Banks.

 

Est-ce la fin des voix féminines sur des titres de rap ? Il y a quelques contre exemples en France cette année : Orelsan et Ibeyi, Lomepal et Camelia Jordana, Jok’air et Emily Perry, ou encore Hyacynthe et Sarah Ammour. Ces dernières, inconnues encore il y a quelques mois, ont d’ailleurs eu un beau tremplin grace au rap, à en croire l’article.

« Si leurs projets solos s’avèrent aussi prometteurs que celui d’Angèle, découverte avec son frère Roméo Elvis, on parie qu’elles n’auront bientôt plus besoin d’un rappeur pour briller. »

 

Article complet : http://www.konbini.com/fr/entertainment-2/histoire-chanteuses-feats-hier-aujourdhui/

 

 

 

 

Quand le D.U.C. joue à l’extérieur : le classement définitif

 

Quel est votre couplet préféré de Booba ? La rédaction de Yard s’est intéressé non pas à ses couplets en solo, mais à ses featurings… et en a sorti un classement.

 

Les neuf rédacteurs de cet article ont donc classés soixante-neuf featurings de Booba depuis ses premiers enregistrements, qui remonte à 1994, comme le rappelle cet article, avec un freestyle en compagnie de La Cliqua et Moda. L’article est rempli de bons mots sur les performances de Booba, qu’elles soient ou non remarquables selon les différents journalistes.

 

A propos de son featuring avec Tony Parker sur « Bienvenue dans le Texas, Lenny Sorbé dit ainsi : « on se dit aussi que l’aigle est conscient d’avoir parfois volé avec les pigeons. Et Dieu sait qu’au micro, Tony Parker en était un… »

 

A propos de « Vrai » avec 40000 Gang, Shkyd dit : « Parfois, un bon featuring, c’est cette magnifique reprise de volée dans les arrêts de jeu qui sauve la soirée d’un morne 0-0. Si selon le compositeur classique Debussy, la musique, c’est le silence entre les notes ; dans ce couplet, le flow est le silence entre les punchlines. »

 

A propos de son couplet sur « MLC » de Niska, Bardamu souligne : « Booba a aussi un grand coeur. Quand il voit le « e » muet qui se fait chier dans son coin avec ses boules quies, il l’intronise à pleins poumons dans son couplet entre « Jacques Chiraqueu » et « Andre-Pierre Gignaqueu ». »

 

Ha et au fait, le numéro 1 selon Yard, c’est son couplet sur « Hommes de l’ombre » avec Mala.

 

Article complet : http://yard.media/story/d-u-c-joue-a-lexterieur-classement-definitif/

 

 

LA VAPORTRAP S’IMPOSE EN BANDE SON DES INTERNETS

par Benoît Collet pour SURL

 

 

On a eu la trap, le cloud rap, il faudra peut-être compter sur le vaportrap dans les prochaines années. Qu’es-ce que c’est ? Surl Magazine nous explique.

 

Pour planter le décor, Benoit Collet de Surl explique : « Trap psychédélique et codéinée bricolée par des vingtenaires dans leurs chambres, la vaportrap hante depuis quelques temps Youtube et Soundcloud. » Cela ressemble au rap sudistes des années 90, tendance Three 6 Mafia, une musique « sombre, planante, parfois régressive », avec « des expérimentations kitsch ».

 

D’ailleurs, le côté années 90 est poussé jusqu’au bout, puisque sur Youtube, les musiques de vaportrap, appelée aussi « phonk », sont souvent accompagnées d’images d’animés japonais, des Simpsons ou de Hey Arnold. Les producteurs mélangent tout, des samples vocaux de Gucci Mane aux sons de jeux vidéos.

 

A l’origine du genre, selon l’article, il y a SpaceGhostPurpp et son Raider Klan. « Les rythmes tarés et crasseux inventés par le Raider Klan ont réussi à inspirer une génération de jeunes – souvent blancs – nés dans les années 1990 ou au début des années 2000, qui s’y identifient ». L’article liste ainsi des musiciens comme le collectif PurplePosse ou le producteur SOUDIERE. A propos de sa musique, ce dernier dit d’ailleurs : « l’important c’est de pouvoir emmener les gens qui écoutent ma musique dans une bulle le temps de quelques minutes. »

 

Le phénomène est underground, mais pas que : le hashtag « phonk » était l’un des plus populaires sur Soundcloud en 2016, et un article du journal anglais The Guardian juge que c’est la musique « de la génération Z ».

 

article complet : http://www.surlmag.fr/vaportrap-phonk-instrumental-soudiere/