18 octobre 2017, 16:21 -
Chaque semaine Raphaël Da Cruz vous déniche les meilleures articles de presse autour du monde du hip-hop

 

Eminem vs Trump

par Matthew Ismael Ruiz pour Pitchfork

C’est l’un des sujets qui a fait le plus bruit la semaine passée : le freestyle anti-Trump d’Eminem au BET Music Awards. Certains ont crié au génie, d’autres ont trouvé ça surfait. Pour Pitchfork, ce couplet d’Eminem a eu son importance.

 

Pour ceux qui n’auraient pas vu ce freestyle, pendant 4 minutes, Eminem accuse le président des Etats-Unis d’utiliser à des fins politiques l’image des vétérans de guerre, d’être ignorant sur l’histoire de son propre pays, et évidemment, d’être un profond raciste dégénéré. « Ca ressemblait essentiellement au fil Twitter d’un mec de gauche, de la part d’un type plus connu pour ses morceaux sur le viol que sa réthorique politique », s’amuse Matthew Ismael Ruiz, l’auteur de l’article.

 

« Même si Eminem n’a plus sa pertinence culturelle d’antan, son freestyle est significatif à plusieurs titres », d’après le journaliste. Première raison d’après lui : Eminem freestyle vraiment, à une époque où l’art du freestyle disparaît peu à peu. Mais ce qui est le plus important d’après l’article, c’est que ce texte vient d’Eminem lui même, le rappeur blanc désapprouvé par les parents blancs d’il y a vingt ans. Les gosses d’hier qui l’écoutait sont des citoyens aujourd’hui, et Eminem s’adresse à eux directement, notamment ceux qui votent Trump.

 

« Combien des personnes sont plus contrariés par le fait d’être accusé d’être racistes que par le racisme lui-même ? Et parmi eux, combien aiment Eminem ? Grâce à sa couleur et son statut, Eminem a plus de chance d’atteindre les électeurs de Trump que n’importe quel autre rappeur ». Ce qui fait penser au journaliste qu’il pourrait peut-être s’aliéner une partie de sa fanbase, « ce qui est assez unique parmi les popstars blanches ».

 

Article complet : https://pitchfork.com/thepitch/roll-your-eyes-but-eminems-trump-skewering-freestyle-mattered/

 

 

 

LA STRATÉGIE DE LA POCHETTE

par Vincent Brunner pour Libération

 

A l’heure du streaming, quelle est la place des pochettes de disques ? C’est l’objet d’un article de Next.

 

Pour décrypter la place de la couverture d’un album, Vincent Brunner a été interrogé plusieurs spécialistes de l’image. Dont le réalisateur Michel Gondry. Pour lui, les pochettes ont pris une nouvelle dimension dans les années 70 : « Pour les auditeurs, elles étaient les portes d’entrée du monde dans lequel ils souhaitaient nous emmener. Les clips ont foutu tout ça en l’air avec MTV dans les années 80 ».

Aujourd’hui, alors que le numérique « représente 41 % du chiffre d’affaires de la musique enregistrée », comme le rappelle l’article, une question se pose : « la pochette, réduite sur les plateformes concernées au format d’un timbre-poste, a-t-elle perdu ses pouvoirs d’évocation et d’attraction ? ». Non, pour le chef de projet au sein du service marketing de Barclay,Jérôme Marroc-Latour  : « Quand vous arrivez sur une plateforme de streaming, un patchwork de pochettes s’offre à vous, elles demeurent des points d’accroche ». D’autant que les pochettes continuent à être présenté quelques temps avant la sortie du disque, pour créer du buzz : c’est le cas de celle de Trône de Booba, ou celle de Reputation, de Taylor Swift.

 

D’autant qu’à côté du streaming, certains auditeurs continuent acheter en physique. Il s’est même vendu 1,7 million de vinyles en 2016, rappelle l’article. Bonne nouvelle, d’après Jérôme Marroc-Latour : « L’image qu’on est en train de concevoir va exister physiquement sur un vinyle que 3 000 personnes ou plus vont acheter. Avoir un objet physique, c’est l’aspect romantique de notre métier…»

 

Article :  http://next.liberation.fr/musique/2017/10/13/la-strategie-de-la-pochette_1602984

 

 

 

Beyonce, le rappeur

par Sheldon Pierce pour Pitchfork

 

Beyonce a encore un tube dans sa glorieuse discographie avec le remix de « Mi Gente » de J Balvin et Willy William, #3 des charts US. Sur ce morceau, ses couplets sont à mi-chemin chant et rap. Ce qui a inspiré un article à Pitchfork sur Beyonce, la rappeuse.

« Lorsque Beyoncé rappe, elle se pavane. Ce n’est pas seulement que ses couplets sont un concentré de frime : l’acte en lui-même nous rappelle qu’elle peut le faire, qu’elle n’est pas qu’une grande chanteuse ». Voilà ce qu’affirme Sheldon Pearce dans cet article.

 

Le journaliste essaie de démontrer que le rap fait partie de l’ADN de Beyonce Knowles. En 1992, lorsqu’elle a participé au télé-crochet Star Search avec les Destiny’s Child, elle a rappé autant qu’elle a chanté. C’est dans les années 2000 qu’elle a commencé à réaffirmer ses talents de rappeuse : le remix de « In da club » de 50 Cent en 2003, « Upgrade U » en 2006, « Diva » en 2008. « Avec le temps, elle a développé son propre style, fait de grands gestes, de schéma de rime en roue-libre, rempli d’orgueil. Son rap a permis de donner à son personnage immaculé un aspect plus tranchant. Comme chanteuse pop, elle renvoie une image de perfection. Le rap apporte à Beyoncé un espace pour être plus immature. »

 

En 2016, avec « Formation », elle a, selon l’article, utilisé l’aspect diva de sa personnalité pour mettre en avant tout son héritage culturel, à la manière des rappeurs. Ce qui la rapproche de son mari : « Beyoncé voit le rap comme Jay-Z : chaque couplet est un exercice d’auto-mythification, en utilisant chaque victoire du passé pour en créer de nouvelles. A la manière de Hov, elle donne aussi l’impression de rapper sans forcer. Avec une différence chez elle : le rap est récréatif »

 

Article : https://pitchfork.com/thepitch/beyonce-the-rapper-essay/

 

 

Les Records de PNL

par Sophie Laroche pour Konbini

 

Cette revue de presse est devenue mois après mois la chronique des records du rap en streaming. Cette semaine, épisode 256 : PNL et l’album Dans la légende.

« Jamais un album n’avait aussi bien porté son nom », d’après Konbini. Le troisième album des frères de Corbeil-Essonnes a en effet battu un nouveau record : « les seize morceaux du projet ont tous été certifiés », rappelle Sophie Laroche dans son article. La journaliste en profite pour rappeler le principe de ces certifications : cela signifie que « chaque titre a été écouté au moins 10 millions de fois en streaming (ou téléchargement) lorsqu’il s’agit de singles d’or. Le chiffre monte à 20 millions pour le platine et 35 millions pour le diamant. Concernant Dans la légende, 6 singles ont été certifiés or, 4 platine et 6 diamant ».

 

C’est un record de plus pour N.O.S. et Ademo, puisque comme le rappelle Konbini, « l’album s’était vu couronné disque d’or après seulement une semaine d’exploitation, puis disque de platine en quinze jours et enfin disque de diamant en seulement huit mois ». Constat d’autant plus impressionnant que PNL n’est signé sur aucune major, conclue l’article.

 

Article : http://www.konbini.com/fr/entertainment-2/tous-les-morceaux-du-dernier-album-de-pnl-sont-desormais-certifies/