15 février 2019, 15:20 -

À coeur ouvert.

« Kaiser Franck » a enfin pris la parole pour remettre les points sur les « i ». Très discret dans les médias français, Franck Ribéry a accordé un long entretien à L’Équipe, dans lequel il est revenu sur le traitement médiatique de ceux-ci à son égard, notamment lors de l’épisode de l’entrecôte dorée :

«Je fais ce que je veux dans ma vie privée. Qu’on me juge pour le foot ! Dès qu’on peut, on me cherche des poux dans la tête. Certains médias, des réseaux sociaux, ne pensent qu’à ça. (…) Là-bas, j’étais invité par le patron. Beaucoup d’autres joueurs sont aussi allés manger chez lui. Et la même chose que moi. On n’en a jamais parlé… Mais pour moi, on fait tourner les vidéos. On ne parle que du steak de Ribéry ! Certains prennent un malin plaisir à me nuire. Je doute que ces gens-là fassent une grande carrière de reporter…»

L’ex-international français est également revenu sur l’épisode du Ballon d’Or 2013. Une récompense qu’il estimait mérité.

«Encore aujourd’hui, je pense que je méritais ce Ballon d’Or. Je n’ai toujours pas digéré. J’ai tout fait pour l’avoir. J’ai rempli toutes les cases. J’ai gagné tout ce qu’il était possible de gagner avec le Bayern. (…) J’ai vécu cette troisième place comme une terrible injustice. Je me suis posé 10 000 fois la question : pourquoi pas moi ? Plus je réfléchissais, plus j’étais dégoûté. Tout n’était pas clair… J’ai pris la haine sur beaucoup de choses. Parce qu’en France, dans mon pays, on trouvait toujours un truc à me reprocher. Bien sûr qu’en dehors du foot, j’ai fait des conneries. Mais j’ai fait aussi beaucoup pour ma sélection. Trop de choses se sont accumulées. Je ne supportais plus une certaine hypocrisie. Il y a des coéquipiers et des gens qui pèsent dans le foot français qui n’ont pas été solidaires avec moi. J’ai senti que ces gens n’auraient pas été heureux que je sois Ballon d’Or.»

L’attaquant du Bayern est évidemment revenu sur le sujet qui nous intéresse le plus: celui de l’Équipe de France.

«Je ne peux pas faire les choses à moitié. J’ai besoin qu’on soit loyal avec moi. L’équipe de France comptait pourtant beaucoup pour moi. J’ai des souvenirs exceptionnels de 2006 ! Il y a eu aussi des moments très difficiles. Mais le positif prend le dessus sur mon parcours en sélection. Savoir d’où je viens et porter le maillot bleu reste une des plus belles choses qui me soit arrivée. (…) J’ai senti de la méfiance chez certains. Un lien de confiance s’est cassé. (…) En 2018, j’ai regardé tous les matches comme un supporter. J’étais fier pour mon pays, très heureux de voir ces millions de gens heureux dans la rue, kiffer, faire la fête, oublier tous leurs problèmes grâce au foot. J’ai toujours été derrière les Bleus. Je ne connais pas la jalousie».

Le « Kaiser » n’est pas encore mort.